LE HORS HUMAIN
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GROENLAND

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UN EXPLOIT INVIOLÉ !

1984 - GROENLAND, baie de Disko.
RECORD MONDIAL sur le choc thermique.

Quête de l'absolu entre deux icebergs de plus de cent mètres de haut. Trois sauts successifs dans la même journée, depuis un hélicoptère stationné à treize mètres de hauteur. Température de l'eau : - 2 °c

Film publicitaire pour la marque HOM.


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Confidence pour confidence,
l’Iceberg que je connais bien
dans ses intimités magiques,
ce Pèlerin Fantôme insomniaque,
ce chasseur d’épaves...
a coulé le Titanic sans un murmure.

Règlement de comptes ?
Duel entre Titans pour départager le vrai du faux ?

À cette heure tardive, dans l’océan glaciaire,
la Lune amoureuse avait fait son choix.

Bien des années plus tard,
ils offraient au Hors Humain,
dans un bain d’émeraude,
l’Étoile vénéneuse du polaire...”

”DÉCIDÉMENT, IL Y A DES VOYAGES
D’OÙ L’ON NE REVIENT PAS.

© Hors Humain
Gladiateur Stellaire, Souffleur d’élite...
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Vu d’ici, il a l’air sympathique cet iceberg. Le chalutier affrété contourne la colline de glace par nord-est, sens contraire de sa marche. Ne pas contrarier sa dérive. Le capitaine groenlandais fait bien des chichis. Il a fait réduire la vitesse et, lorsqu’il met en panne, nous sommes encore loin du monstre.

Excès de prudence, surévaluation du danger ou, tout simplement, mise en condition de ces petits Français pour l’épate.

Depuis ce matin nous avons commencé les repérages et le marin pêcheur n’a pas cessé de nous parler des dangers de l’iceberg. Ces masses de glace flottantes détachées de la banquises ou d’un glacier polaire ne montrent qu’un sixième ou un huitième de leur totalité. Les histoires de naufrages après abordage par un iceberg sont légion.

Qui n’a pas entendu parler de la tragédie du ‘’ Titanic ‘’, supertransatlantique envoyé par le fond en 1912 ?

Mais voilà, c’était à la suite d’une collision par temps de brouillard. Et aujourd’hui, il fait beau. Très beau. Ce qu’on sait moins c’est que ces montagnes (certaines atteignent ici six à sept cents mètres au-dessus du niveau de l’eau) sont d’une fragilité de verre. Elle peuvent subitement se scinder en deux ou plusieurs morceaux sous la pression de l’eau et des courants contradictoires. Mais aussi – c’est le capitaine qui nous le dit – par les vibrations d’un moteur répercutées dans l’onde, des pans entier se détachent de la masse et s’effondrent sur les embarcations. Le flirt avec ces pures beautés peut donc devenir mortel même à distance !

Nous sommes prévenus. Survoler l’iceberg en hélicoptère est tout aussi risqué. Pas seulement pour le pilote et ses passagers, mais pour les zodiacs, barques et autres plongeur fou qui s’aventurent plus bas. Vous voyez ce que je veux dire.

Si le capitaine avait voulu nous flanquer la trouille, c’est réussi. Le silence règne à bord.

Dès Paris nous avions décidé que je ne sauterais pas du haut d’un iceberg. C’était tentant pour l’image, mais la réalisation en était quasi impossible.
A contrecoeur je m’étais rendu à l’évidence. L’exploit en soi était déjà de taille, il n’était pas dans mes projets d’en faire le saut de la mort. Unique par définition.

J’oublie Janssen et les autres emmitouflés dans leur parkas. En slip de bain, debout à l’avant du bateau, figure de proue vivante, je regarde ce froid monceau d’eau gelée. Cette fois, ça y est... Face à face avec les éléments, un monstrueux bras de fer s’engage. Le but de la manœuvre... je le comprend mieux maintenant.
Responsable des caméras, preneur de son, photographes et réalisateurs cherchent les angles de prises de vues les plus favorables. Mais au-delà de la réussite purement technique et artistique du film, ils ont pris conscience de la difficulté humaine colossale que je représente. Ils savent qu’une part de responsabilité leur incombe. Eux aussi, à un moment ou à un autre, trempent une main dans l’océan et ne l’y laissent pas longtemps.

Janssen me l’avouera. Filmer Edlinger grimpant à pic n’est pas une mince affaire. Mais Edlinger trace son chemin ; il fait ses repères à chaque escalade et, devant la caméra, refait des gestes dix fois répétés, même si le parcours est nouveau.
Pour ma part, c’est un chemin complètement vierge que je vais parcourir. Un ticket d’aller que je ne souhaite pas simple. Mais personne n’a pu prévoir le retour. C’est l’inconnu total... »

© Le Hors Humain.

EXTRAIT du livre “COMBAT VITAL” - Éditions Robert Laffont.
(Dépôt légal : 1986 / ISBN : 2-221-04811-3)